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Pseudo: Boubekri KhaledCatégorie: Art et cultureRecommander ce blog
Vendredi 13 Avril 2007

NB : Cet article que j'ai redigé en 2000 , a été publié dans le quotidien El Watan le 05 Octobre de la meme année. Beaucoup de mes confreres ainsi que d'autres lecteurs ,qui par curiosité , qui par interet pour le sujet ,ont regretté le fait de ne pas avoir eu l'occasion de le lire.Pour ceux-là et pour d'autres lecteurs qui me feront l'honneur de consulter ce blog ,j'ai decidé de le publier , malgré que depuis sa redaction ,beaucoup de choses ont changé. Je vous souhaite à tous bonne lecture.

                                       Medecine et reseaux informatiques en Algerie

Depuis l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) , l’écart ne cesse de se creuser entre les pays qui maîtrisent ces nouveaux outils et le reste de l’humanité, en matière de soins et de prise en charge des problèmes de santé de leurs concitoyens.

L’enjeu est considérable, car l’entrée dans le troisième millénaire va nécessairement faire appel à l’utilisation de plus en plus accrue des différentes facettes de ces NTIC. L’un de ces aspects demeure incontestablement l’utilisation des réseaux informatiques, afin de permettre une meilleure fluidité dans la circulation de l’information scientifique en général et médicale en particulier, laquelle, dans certaines conditions, s’avère vitale. Qui, de nous — là je m'adresse à mes confrères médecins — ne s’est pas retrouvé un jour, médusé, devant un malade en détresse respiratoire aiguë survenue suite à une ingestion accidentelle d’un agent toxique (poison, plante, aliment, etc.), ramené par son accompagnateur, et qu’un simple «clic» de souris permet de déterminer sa nature, alors qu'un deuxième «clic» permet de consulter le site d’un centre antipoison ou de solliciter un confrère toxicologue pour un avis spécialisé par visiophone interposé, nous permettant grâce à ses précieuses suggestions de prodiguer les premiers soins d’urgence pour améliorer le pronostic vital du malade et de l’orienter dans les meilleurs délais vers un service spécialisé, au lieu de passer un bon quart d’heure à feuilleter dans la précipitation et la confusion, les plus totales, des centaines de pages pour abandonner enfin, sans avoir le moindre renseignement, alors que l’état du malade ne cesse de se détériorer vous obligeant, dans un ultime geste de désespoir, à l'évacuer au service hospitalier le plus proche, sans avoir osé le moindre geste thérapeutique, de peur d’aggraver son cas par manque de données précises, concernant le produit incriminé. Pour revoir, quelque temps plus tard, le même malade avec des séquelles neurologiques graves, ainsi que leur lot de problèmes, sur le plan familial, social et professionnel. Combien sont nos confrères, souvent généralistes, installés dans les coins les plus reculés du pays profond, loin des structures hospitalo-universitaires, loin des lieux où se diffuse l'information médicale, où, souvent, les délégués médicaux ne vont pas ou sporadiquement, se retrouvant en retrait sur le plan de la formation médicale continue par rapport à leurs confrères des grands pôles urbains et industriels qui bénificient, eux, d'une meilleure circulation de cette précieuse information grâce à l’apport multilatéral (séminaires, forums, Salons, visites médicales, brochures et dépliants, sans citer les échantillons de médicaments distribués gracieusement par les laboratoires pharmaceutiques et qu’ils auront tout le loisir de tester avant toute prescription). Ce retrait qui finira par sanctionner les malades de l’intérieur du pays, créant ainsi une médecine à deux vitesses, ajoute un poids supplémentaire aux souffrances, combien pénibles, de nos déshérités concitoyens du pays profond. Combien parmi nous ne se sont pas retrouvés embarrassés, par une question posée naïvement par un malade, concernant la teneur de tel ou tel produit alimentaire en fer ou en vitamines, alors que la réponse est à portée d'un simple «clic» de souris. Les exemples cités précédemment, qui restent non exhaustifs, démontrent à quel point l’information médicale demeure une donnée capitale dans la perspective du développement de la médecine dans notre pays. C’est dans cette optique que l'apport des NTIC et leur corollaire, les réseaux informatiques, prend toute l'importance qu'il faut leur accorder dorénavant, car ils servent d’outils de communication très précieux entre, d’une part les médecins, chirurgiens -dentistes et pharmaciens entre eux, dans l’exercice quotidien de leur noble métier, et entre ces derniers et les différents organismes avec lesquels ils sont appelés à coopérer (justice, Casnos, Cnasat, Protection civile, services sanitaires, impôts, associations médicales, etc.) d’autre part. Par ailleurs, les réseaux informatiques permettent grâce à leur interconnextion une meilleure maîtrise du flux de plus en plus important de l'actualité médicale, alors même que les capacités des disques durs actuels s’avèrent incapables d'ingurgiter, laissant ainsi nos confrères souvent frustrés de ne pouvoir accéder à cette énorme et inépuisable somme d'informations médicales et même extra-médicales vu l'avancée de la globalisation et son lot de nouvelles disciplines touchant aux sciences biomédicales. Que ce soit la bioéthique, concernant le clonage humain, les différentes manipulations sur le génome végétal (produits transgéniques), l’étude des maladies transmises de l’animal à l'homme (maladie de la vache folle), ou tout simplement les greffes d’organes et leur rapport à la religion, chacun de nous est en droit de revendiquer sa part d’informations pour répondre dans les meilleurs délais à l’attente de ses patients. Ces derniers sont souvent angoissés et désemparés devant les flux, de plus en plus croissants, véhiculés par les différents types de médias, touchant à un domaine aussi sensible que la santé (vache folle, poulets contaminés par la dioxine, constructions à base d'amiante etc.), se dirigent chez leur médecin pour trouver réponses à leurs questions. Hélas,! celui-ci n'a pas toujours la réponse et si jamais il l’a, c'est souvent à la même source que le patient qu'il la puisée. L’ avancée fulgurante de la téléchirurgie va permettre dans un avenir très proche de pratiquer une intervention chirurgicale à distance grâce à un instrument doté de la technologie retour de force (feed back) et l’apport de la télévision à haute définition (équivalent français d’lnternet 2, appelé VTHD (vraiment très haut débit). Le réseau est selon le Dico Informatique (Mc Millan), un système reliant au moins deux ordinateurs par l’intermédiaire d'un câble électrique (câble de réseau) et de carte d'extension (cartes réseaux )insérés dans chaque ordinateur. Ce système offre aux utilisateurs l’avantage de pouvoir communiquer entre eux et de partager les ressources des différentes stations de travail ou du serveur central. La transmission des données par l'intermédiaire d'un protocole spécial dit protocole de réseau. Suivant la taille du réseau on distingue les LAN (Local Area Network) ou réseau local, les MAN (Métropolitan Area Network) ou réseau métropolitain et les WAN (Wide Area Network) ou réseau international. Grâce au réseau local de type éthernet, plusieurs confrères installés en groupe ou exerçant dans une même clinique pourront utiliser la même imprimante ou le même scanner ou graveur CD au lieu d’acheter un périphérique pour chaque poste (ordinateur).

L’arrivée de Windows 2000 qui remplace Windows NT permet à l’utilisateur, en tapant son nom et son mot de passe sur n’importe quel PC du réseau, de retrouver son environnement de travail habituel (tel fond d'écran, réseaux favoris ou e-mail, etc.).

Du moment qu’on se dirige inexorablement vers un monde virtuel lié à l’ère post industrielle. Alors que certains pays envisagent de créer, dans un avenir très proche, des gouvernements virtuels pour permettre à leurs populations une participation active dans la gestion de leur cité. Alors que de plus en plus de gens à travers la planète vivent en troubadours entre leur univers réel (leur quotidien) et le monde virtuel auquel ils accèdent grâce au port d'un simple casque. Même les études médicales font appel de plus en plus à la réalité virtuelle, que ce soit pour l’enseignement de l'anatomie, la physiologie ou même la clinique grâce à un simulateur de maladies que je nomme «malade virtuel » puisqu’il s'agit d'un mannequin doté des fonctions cardiaques, pulmonaires et vasculaires grâce à l'ordinateur auquel il est relié, permettant de simuler différentes maladies et permettre ainsi aux étudiants en médecine au stade préclinique et clinique de procéder à différentes simulations diagnostiques et thérapeutiques sans mettre en jeu le pronostic vital de ce dernier comme ce serait le cas avec un vrai patient. L’utilisation de plus en plus accrue des images de synthèse et de la réalité virtuelle interpelle chacun de nous à essayer de réfléchir au meilleur moyen qui nous permettra d'être au rendez-vous de cette médecine du troisième millénaire. Certes la réalisation d’un réseau informatique spécialisé va nécessiter beaucoup de moyens que ce soit en matériels ou en techniciens en informatique mais encore une fois le dialogue et la concertation peuvent vaincre toutes les difficultés que ne manque pas d’engendrer un aussi ambitieux projet. Une des suggestions consiste à organiser dans les plus brefs délais, pourquoi pas durant la tenue du SIFTECH qui généralement coïncide avec la tenue et souvent sur le même lieu que le SIEMM, d’un symposium regroupant à l’occasion les professionnels de la santé et leurs collègues de l’informatique, sans oublier tous ceux qui ont un rapport avec le domaine de la santé (Casnos, Cnasat, Protection civile, impôts, universités, banques, etc.) et pourquoi pas toutes les associations caritatives gravitant autour du domaine médical (association des asthmatiques, cancéreux, insuffisants rénaux, lutte contre la toxicomanie...) ; les distributeurs et fabriquants de matériel médical pour qu’ils puissent utiliser le réseau comme support publicitaire ; les sponsors, tels les fabriquants de matériel parapharmaceutique et produits diététiques ; enfin tous ceux qui veulent aider matériellement ou moralement cet ambitieux projet sans qu’ils appartiennent à l'une ou l'autre des catégories précédemment citées. Par ailleurs les banques et les distributeurs de matériel peuvent se concerter avec les organismes assureurs pour permettre aux médecins affiliés aux différents conseils de l’ordre à travers le territoire national d’acquérir le matériel adéquat (ordinateurs, cartes réseaux, lignes téléphoniques, modems, etc.) à des prix compétitifs et avec facilité de payement vu l’utilité publique d'une telle initiative. L’arrivée de nouveaux providers sur le marché national a permis la venue des prestataires spécialisés dans le télé-enseignement et les réseaux d’entreprises, l’augmentation croissante de la bande passante par les fournisseurs d’accès au réseau des réseaux, l’arrivée du haut débit pour les liaisons spécialisées grâce à la technologie ADSL, le lancement prochain de satellites entièrement dédiés à l’Internet nous permet d’espérer assister un jour à n’importe quel examen spécialisé (scanner, R M N, radiographie conventionnelle, endoscopie, échographie, etc.) ; depuis son lieu de travail (service hospitalier, cabinet médical privé etc.) et cela en temps réel, vu la capacité de transmission dont ils s’avèrent être capables. N’est-ce pas merveilleux de suivre dans une petite fenêtre de l’écran de son ordinateur de bord le déroulement de l’intervention chirurgicale ou du déroulement de l’examen tomodensitométrique pratiqué sur le malade qu’on a adressé la veille et cela entre deux consultations ou a la sortie du bloc opératoire entre deux interventions. Mieux encore, suivre depuis cette même fenêtre un cours de médecine donné dans une quelconque faculté de médecine ici ou ailleurs sera tout à fait possible vu la tendance inexorable au tout visuel, grâce aux prouesses techniques des webcams et autres visiophones. Du moment que la médecine envahit le web, rêvons si vous le permettez, qu’un jour un hypertendu n’aura même pas besoin de se déplacer jusqu’au cabinet de son médecin traitant, car ce dernier pourra le suivre à distance grâce à un «tensiomètre numérique» qui sera capable d’afficher les chiffres «tensionnels» en temps réel sur le moniteur de son ordinateur de bureau. Il ne restera alors au médecin qu’à adapter le traitement en fonction de ces nouvelles données et de l’adresser pare-mail (courrier électronique), la nouvelle prescription s’affichera instantanément sur l’écran d’un ordinateur où de quelque autre terminal se trouvant chez le patient et il ne restera à ce dernier qu’à imprimer ou pourquoi pas retirer son ordonnance imprimée et signée numériquement. Si windows 95 et Windows NT demeurent les principaux systèmes d’exploitation des réseaux informatiques, le système d'exploitation à code source libre Linux demeure selon les spécialistes un outil très intéressant dans l'exploitation de ce type de réseaux, mais cela, c’est une autre histoire.
                                                                                        Dr BOUBEKRI Khaled

                                                                                       Médecin Généraliste , Mouzaia Blida

                                                                                    

publié par Boubekri Khaled dans: kaledb

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